L'Histoire d'Évreux

1881 - 1882

L'Histoire d'Évreux où l'on verra, entre autres, que M. Godard et Melle Albertine s'envolent à bord de La Vidoullaise au-dessus du jardin botanique.

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Les événements fondateurs, les petites et grandes péripéties de la ville, les personnages marquants, les anecdotes diverses, les informations les plus variées...

1881


En 1881
La commune d'Évreux compte désormais 15 847 habitants selon le dernier recensement .

La même année
La fabrique de M. Boisard représente 12 000 pièces de coutils produites par quelques 350 ouvriers, soit un cinquième des ouvriers ébroïciens du textile.

La même année
La bibliothèque municipale étend son ouverture à trois heures par jour pour six jours par semaine.

La même année
Membre de l'Institut de France, Léopold Delisle est élu une seconde fois président de la Société libre d'agriculture, sciences, arts et belles-lettres de l'Eure et succède à Joseph Laurent Paul de Salvandy.

La même année
Réalisation de Christ en croix, peinture de l'emblématique Charles Denet.

La même année
Début des travaux de réaménagement total du jardin public par Pierre Quénat, architecte paysagiste parisien.

La même année
La gare actuelle n'étant plus adaptée, il est décidé de construire une nouvelle gare en contrebas, de détourner le parcours de la voie ferrée et, pour cela, de creuser deux tunnels sous Nétreville et sous la côte de la Justice.
Photo

La nouvelle gare d'Évreux sur une carte postale du début du XXe siècle édité par N.D. Photos
© Archives départementales de l'Eure, CPA 8Fi 228-385
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Le 10 janvier 1881
Propriété de l'investisseur Claude-Hippolyte Rodt et dirigé à Évreux par Edouard Wilmann, l'hebdomadaire conservateur La Sentinelle de l'Eure propose un supplément dédié aux résultats des élections municipales.

Le 28 janvier 1881
Une nouvelle crue de l'Iton cause, jusqu'au dernier jour du mois, d'importants dommages à la ville, inondant les rues Saint-Sauveur et des Lombards, empêchant notamment le bon fonctionnement des usines de Navarre, et causant la mort d'un homme.

Le 12 février 1881
Agée de dix-sept ans, Marie-Georgina Hervieu se constitue prisonnière à la gendarmerie d’Évreux après avoir volontairement déclenché, au moyen d’une bougie, un incendie dans le grenier du domicile conchois de son père.

En mars 1881
Jules Barrême succède à Joseph Laurent Louis Alfred Firbach à la préfecture de l'Eure.

Le 2 mars 1881
Sur le rapport du ministre de la Justice, le président de la République Jules Grévy nomme Jean-Louis Lepouzé à la mairie d’Évreux et désigne Charles Adrien Corbeau et Charles Jean Lemesles aux fonctions d’adjoints.

Le 3 mars 1881
Constatant que les inondations catastrophiques du mois de janvier ont rendu impossible toute manoeuvre militaire et tout campement pour les troupes de l’armée territoriale dans la vallée de l’Eure, le ministre de la Guerre fait appliquer le droit de réquisition pour le logement des troupes dans la commune d’Évreux, jusqu’au 17 suivant.

Le 15 mars 1881
Professeur de gymnastique au lycée d'Évreux, Auguste Léopold Boulonne se voit décerner, par le président de la République, une médaille d'honneur de première classe pour avoir fait preuve de courage, lors de la crue de l'Iton du mois de janvier :
« [s'est] dévoué pour porter secours sur tous les points menacés ; monté dans une embarcation, il a bravé l'impétuosité des courants et s'est mis plusieurs fois à l'eau. »

Le même jour
Agent de police municipale à Évreux, M. Robert se voit décerner, par le président de la République, une médaille d'honneur de deuxième classe pour avoir fait preuve de courage, lors de la crue de l'Iton du mois de janvier :
« (...) a contribué au sauvetage de plusieurs familles en s'exposant lui-même à de grands dangers et au moment où l'eau pénétrant dans sa maison lui enlevait tout son mobilier. »

Le même jour
Mécanicien à Évreux, M. Lamberdière se voit décerner, par le président de la République, une médaille d'honneur de deuxième classe pour avoir fait preuve de courage, lors de la crue de l'Iton du mois de janvier :
« (...) a fait les plus courageux efforts pour retrouver le corps d'un sous-officier noyé pendant l'inondation, et a sauvé un autre militaire qui était entraîné par le courant. »

Le même jour
Teinturier à Évreux, Auguste-Fortuné Robin se voit décerner, par le président de la République, une médaille d'honneur de deuxième classe pour avoir fait preuve de courage, lors de la crue de l'Iton du mois de janvier :
« (...) s'est exposé à de sérieux dangers pour éteindre un incendie allumé pendant l'inondation par un dépôt de chaux et qui menaçait de causer de nouveaux désastres. »

Le même jour
Secrétaire particulier du préfet de l'Eure à Évreux, Georges Firbach se voit décerner, par le président de la République, une médaille d'honneur de deuxième classe pour avoir fait preuve de courage, lors de la crue de l'Iton du mois de janvier :
« (...) a coopéré, dans des conditions très-périlleuses, au sauvetage de plusieurs personnes, ainsi qu'au ravitaillement des maisons inondées. »

Le même jour
Négociant à Évreux, Paul Thibout se voit décerner, par le président de la République, une médaille d'honneur de deuxième classe pour avoir fait preuve de courage, lors de la crue de l'Iton du mois de janvier :
« (...) n'a pas hésité à se jeter à l'eau pour arrêter la barque que montait le préfet et qui était emportée par le courant ; s'est également signalé en portant secours aux victimes de l'inondation. »

Le même jour
Garde champêtre au hameau de La Madeleine à Évreux, M. Lafosse se voit attribuer, par le président de la République, une mention honorable pour avoir fait preuve de courage, lors de la crue de l'Iton du mois de janvier :
« (...) est resté plusieurs dans l'eau pour venir en aide aux élève d'un pensionnat. »

Le 5 mai 1881
Naissance à Évreux de Paul Louis Albert Lesage, lieutenant au 24e régiment d'infanterie et chevalier de la Légion d'honneur.

Le même jour
Propriété de l'investisseur Claude-Hippolyte Rodt et dirigé à Évreux par Edouard Wilmann, l'hebdomadaire conservateur La Sentinelle de l'Eure propose un supplément dédié au Salon des artistes de l'Eure.

Le 14 mai 1881
Mort à Paris de Camille Clément de La Roncière-Le Noury, officier général de marine, figure du siège de Paris de 1870, ancien président de la Société libre d'agriculture, sciences, arts et belles-lettres du département de l'Eure, membre du conseil général de l'Eure, et représentant d'un canton d'Évreux pendant près de 25 ans.

Le 2 juin 1881
Propriété de l'investisseur Claude-Hippolyte Rodt et lancé à Évreux l'année précédente, l'hebdomadaire conservateur La Sentinelle de l'Eure propose son trente-huitième puis cesse de paraître.

Le 14 juin 1881
Futur maire de la commune, Henry Edouard Féray entre à la délégation cantonale.

Le 22 juin 1881
L'entomologiste ébroïcien Maurice Régimbart annonce, devant la Société entomologique de France, qu'il travaille à une refonte complète de la famille des Gyrinidae et en profite pour demander à ses collègues de lui communiquer les espèces de leur collection.

En juillet 1881
Représentant un chantier de 22 kilomètres cumulés, les travaux de construction de la ligne ferroviaire allant d'Évreux à Verneuil sont entamés.

Le 4 juillet 1881
Directeur des contributions directes à Évreux, Henry Léon Déreux est nommé chevalier de la Légion d’honneur par décret du président de la République Jules Grévy.

Le 11 juillet 1881
Directeur départemental des postes et télégraphes à Évreux, Albert Gréterin est nommé chevalier de la Légion d’honneur par décret du président de la République Jules Grévy.

Le 16 juillet 1881
Président de L’Ébroïcienne, Charles-Arsène Doucerain compte parmi les membres de secours mutuels à se voir attribuer une médaille d’or par décret du président de la République Jules Grévy.

Le 25 juillet 1881
Le conseil municipal étudie la possibilité de rebaptiser le boulevard Saint-Jean en « rue Victor-Hugo ».

Le 30 juin 1881
Le ministère de l’Agriculture et du Commerce fait paraître, dans les pages du Journal officiel, la liste des comptes déposés dans les différentes caisses d’épargne mais apparaissent abandonnés depuis l’année 1851 et qui risquent, en vertu du délai des trente ans, de revenir à l’Etat. Plusieurs comptes ébroïciens sont concernés par l’échéance : Félicité Juan, domestique dont le dernier versement date du 23 mars 1851, Anne Roussel, marchande de fayence dont le dernier dépôt date du 21 septembre 1851, Jules Delaporte, mineur dont le dernier retrait date du 23 février 1851, Louis Adrien Hébert, mineur dont le dernier retrait date du 14 décembre 1851, et Alphonse Édouard Halbout, mineur domicilié à La Madeleine et dont le dernier dépôt date du 20 novembre 1851.

Le 18 août 1881
Un arrêté municipal donne le nom de « rue Victor-Hugo » au boulevard Saint-Jean.

Le 21 août 1881
Ancien administrateur et ancien maire de la ville, Jean-Louis Lépouzé est réélu député de la première circonscription d'Évreux avec 8 029 voix contre 1 027 à Joseph Ambroise Bully.

Le même jour
Riche négociant ébroïcien en dentelles, Alexandre Papon est réélu député de la seconde circonscription d'Évreux avec 7 438 voix contre 5 679 à Ambroise Janvier.

Le 24 août 1881
La portion du boulevard Saint-Jean élargie en septembre 1861 devient « rue Dulong ».

Le 26 août 1881
La rue Saint-Jean, élargie en 1866 et comprise entre la future rue Victor-Hugo et la rue de Pannette, devient la « rue de l'Ardèche ».

Le 4 septembre 1881
Lors de son déplacement dans l'Eure puis à Caen, le Premier ministre Léon Gambetta choisit de loger à la préfecture d'Évreux.

Le 6 septembre 1881
Le ministère de l’Intérieur et l’administration pénitentiaire mettent en adjudication, à la préfecture de l’Eure à Évreux, les travaux de reconstruction des combles et de la toiture de la maison centrale de Gaillon, endommagés par un incendie en août 1880.

Le 9 septembre 1881
Le ministère de l'Intérieur ratifie l'arrêté municipal du 18 août précédent.

Le 18 septembre 1881
À bord de la montgolfière La Vidoullaise, Jules Godard et Mlle Albertine s’élèvent du jardin des plantes d’Évreux malgré le vent de ce début de soirée puis atterrit rapidement dans le jardin des bureaux de la Recette générale.

En octobre 1881
Président du tribunal civil, Louis-Antoine d'Imbleval entre à la commission de surveillance de la colonie pénitentiaire d'Orgeville fondée par le magistrat parisien Georges Bonjean.

Le 15 octobre 1881
Rendant un jugement attendu par les intéressés et de nombreux observateurs, le tribunal de première instance d'Évreux déclare : « Ne commet aucun délit celui qui enlève un cerf qu'il a trouvé mort. »

Le 29 octobre 1881
Le préfet de l’Eure Jules Barrême informe son collègue du Puy-de-Dôme que le prix de pension des aliénés étrangers, placés à l’asile d’Évreux mais relevant d’un autre département, est porté à 1,50 francs, quel que soit le sexe du patient.

Le 31 décembre 1881
Depuis le début de l'année, ce sont 96 personnes qui ont été jugées par la cour d'assises de l'Eure siégeant à Évreux.

Le même jour
L'asile d'aliénés de Navarre compte 608 pensionnaires dont 293 hommes et 315 femmes.

1882


En 1882
l'enseignant et conseiller général de tendance républicaine Charles Adrien Corbeau est maire d'Évreux.
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Signature de Charles Corbeau sur le registre des mariages de la ville d'Évreux (1881-1888)
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La même année
Le préfet de l'Eure Jules Barrême est élu président de la Société libre d'agriculture, sciences, arts et belles-lettres de l'Eure et succède à Léopold Delisle.

La même année
Une pompe élévatrice d'eau de la marque britannique Tangye est installée au moulin de Navarre.

La même année
La glacière du jardin public est reconvertie en chute d'eau avec grotte et ravine.
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Les vestiges de la grotte du parc François-Mitterrand en été 2008
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Le 1er janvier 1882
En application du décret préfectoral du 29 octobre précédent, le prix de pension des aliénés étrangers, placés à l’asile d’Évreux mais relevant d’un autre département, est porté à 1,50 francs, quel que soit le sexe du patient.

Le 4 janvier 1882
Le corps de Mme Martel, épouse de l’ancien président du Sénat, arrive à Évreux où il doit être inhumé.

Le 14 février 1882
Notaire ébroïcien, Maître Pétel dresse les statuts de la société anonyme possédant et exploitant l'immeuble de l'école libre Saint-François-de-Sales.

Le 16 février 1882
Mort à Évreux de Jean-Louis Lépouzé, avoué, conseiller général du canton de Saint-André, député de l'Eure, signataire du manifeste des 363 et maire d'Évreux depuis 1870.
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Statue funéraire de Jean-Louis Lépouzé au cimetière Saint-Louis à Évreux
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Le 25 février 1882
Naissance à Évreux de l'escroc multirécidiviste René Damoiseau.

Le 5 avril 1882
Suite au décès de Jean-Louis Lepouzé, ancien maire d’Évreux et député de la première circonscription de l’Eure, le président de la République Jules Grévy convoque le collège électoral de l’arrondissement concerné pour des élections anticipées, fixées au 30 avril suivant.

Le 14 mai 1882
Le républicain Joseph Ambroise Bully remporte la première circonscription d'Évreux à l'élection législative partielle avec 7 838 voix contre 5.152 pour Léon Matthieu Sevaistre, représentant de l'Union des droites.

Le même jour
Naissance à Évreux de Marie Joseph Armand de Milleville, polytechnicien, ingénieur, rédacteur financier, lieutenant-colonel d'artillerie, chef d'escadron au centre de mobilisation d'artillerie n°10, titulaire de la croix de guerre 1914-1918 et officier de la Légion d'honneur.

Le 24 mai 1882
Commis principal de deuxième classe à l’administration centrale du ministère de la Marine et des Colonies, M. Charrière est affecté à la perception d’Évreux, en remplacement de M. Nicolas, nommé à celle d’Inchy dans le Nord.

Le 22 juin 1882
Inauguration de la rue Hédouin qui va de la rue des Murs-Saint-Louis à la place de la Gare-de-Louviers.

Le 1er juillet 1882
Naissance à Évreux de Marie Raymond Jean de Montangon, industriel, capitaine au 1er escadron du train des équipages militaires et chevalier de la Légion d'honneur.

Le 7 juillet 1882
Quatre individus ayant accompli un cambriolage dans l'Isère sont arrêtés à Évreux.

Le 11 juillet 1882
L'Ébroïcien Renoult se fait dérober son portefeuille contenant 12 000 francs de titres dans l'omnibus Madeleine-Bastille à Paris.

Le 14 juillet 1882
Totalement réaménagé par le paysagiste Pierre Quénat, le jardin public est inauguré et offre aux visiteurs une impressionnante glacière.

Le même jour
Inauguration sur la future place de la Mairie de la fontaine du sculpteur Émile Décorchemont, projet réalisé grâce au legs en 1874 d’Adélaïde Janin, veuve de l'écrivain Jules Janin.

Le 17 juillet 1882
Naissance au 8 rue Dubais à Évreux de Jacques Marie Marin Félix Hérissay, docteur en droit, historien, homme de lettres et chevalier de la Légion d'honneur.

Le 7 août 1882
Le préfet de l’Eure procède à l’adjudication au rabais des travaux de terrassements et d’ouvrages d’art que nécessite le chemin de fer de Saint-Georges à Évreux, dont le budget est fixé à 1 243 913 francs.

Le 15 octobre 1882
Naissance au 17 rue au Cailloux à Évreux d'Armand Désiré Gontier, un des deux natifs de la ville fusillés pour l'exemple au cours de la Première Guerre mondiale.

Le 19 octobre 1882
Mort à Évreux d’Adrien Stanislas Buisson, docteur en médecine et testateur au bénéfice de l'Académie de médecine.

Le 17 novembre 1882
Les eaux de l'Iton montent si rapidement que la caserne du 6e régiment de dragons est évacuée tandis que les prairies des abords de la ville sous déjà inondées.
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Un des bras de l'Iton en hiver 2013
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Le 4 décembre 1882
Le Sénat étudie en séance publique la décision de la Chambre des députés d’autoriser la ville d’Évreux à contracter deux emprunts et à lever un impôt local à titre exceptionnel.

Le 10 décembre 1882
Naissance au 4 bis route de Breteuil à Évreux d'Henri Camille Lamiray, historien local et membre de la Société libre d'agriculture, sciences, arts et belles-lettres de l'Eure.

Le 19 novembre 1882
Les Ébroïciens apprécient la baisse notable des eaux de l'Iton qui semblaient annoncer, l'avant-veille, une crue très importante.

Le 19 décembre 1882
Suppléant de justice de paix pour le canton d'Évreux-Nord depuis août 1879, Émile Marie Félix Decluny est nommé juge suppléant au tribunal de première instance.

Le 31 décembre 1882
Ce sont présicement 91 personnes qui auront été jugées en 1882 par la cour d'assises de l'Eure siégeant à Évreux.

Le même jour
L'asile d'aliénés de Navarre compte 597 pensionnaires dont 314 femmes et 283 hommes.

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