L'Histoire d'Évreux

1871

L'Histoire d'Évreux où l'on verra, entre autres, qu'Eugène Viollet-le-Duc confirme une lézarde sur la voûte de la grande nef de la cathédrale.

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Les événements fondateurs, les petites et grandes péripéties de la ville, les personnages marquants, les anecdotes diverses, les informations les plus variées...

1871


En 1871
Début des travaux de construction de l'immeuble de la Caisse d'épargne à l'angle de la rue de la Petite-Cité et de l'actuelle rue Charles-Corbeau.
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Le fronton de la caisse d'épargne d'Évreux
© Nathalie Donnet
Avec son aimable autorisation


La même année
Propriétaire d'une partie des usines de Navarre depuis le 14 février 1866, M. Chauvel créé la Société mutualiste des usines de Navarre.

La même année
Membre du conseil général de l'Eure, Ernest de Blosseville est élu président de la Société libre d'agriculture, sciences, arts et belles-lettres de l'Eure et succède à Camille Clément de La Roncière-Le Noury.

En janvier 1871
Lieutenant dont les parents habitent Évreux, M. Delaporte relève du 10e bataillon des gardes mobiles de la Seine, lequel relève du commandement de l'amiral de La Roncière-Le Noury, lui-même, par ailleurs, conseiller général du canton d'Évreux-Sud depuis 1852.

Le 22 janvier 1871
La ville étant menacée de représailles par les autorités allemandes d'occupation et étant lui-même menacé d'être fusillé, le directeur du Progrès de l'Eure démissionne et se restreint à un poste d'ouvrier typographe.

Le 26 janvier 1871
Les autorités allemandes d'occupation adressent à la mairie d'Évreux un courrier par lequel elles exigent de la ville et du département de l'Eure le ravitaillement suivant : 99 tonnes de farine pour le pain, 300 boeufs pesant au moins 400 kilogrammes, 22 500 kilogrammes de lard ou porc salé, 18 000 litres de cognac, 15 000 kilogrammes de riz, 22 500 kilogrammes de haricots ou pois, 7 500 kilogrammes de café torréfié, 4 500 kilogrammes de sel et 500 tonnes d'avoine. Il est également souhaité 100 000 cigares de première qualité pour les officiers, un million de cigares pour la troupe, et 9 000 kilogrammes de tabac.

Le 28 janvier 1871
Les autorités allemandes d'occupation adressent à la mairie d'Évreux un nouveau courrier par lequel elles exigent de la ville et du département de l'Eure le ravitaillement suivant : 3 360 kilogrammes de farine pour le pain, quatorze boeufs ou vaches, 1 040 kilogrammes de lard ou porc salé, 1 200 litres de cognac, 1 400 kilogrammes de riz, 1 040 kilogrammes de haricots ou pois, 1 200 kilogrammes de café torréfié, 200 kilogrammes de sel, 23 000 kilogrammes d'avoine, huit chevaux de voiture, et quatre chevaux de selle. La livraison doit être effectuée dans les huit jours.

Le 29 janvier 1871
Le préfet impérial Von Porembski fait adresser un ordre au maire Jean-Louis Lepouzé :
« Par ordre du 18e corps d'armée prussien, le préfet du département de l'Eure ordonne à la commune d'Évreux de lui annoncer jusqu'au 7 février, et de prouver par les notes statistiques officielles qui sont à sa disposition, la somme des impôts mensuels payée en temps de paix au gouvernement français, et de livrer la somme à la préfecture de l'Eure. »

En février 1871
Les débris d'un monument gallo-romain avec sculptures sont mis au jour place de la cathédrale, sous une portion des remparts. Ils sont cependant nonchalamment déposés dans un coin du jardin botanique où ils se détériorent rapidement.

Le 1er février 1871
En poste à Évreux, le secrétaire général du département reçoit un courrier du préfet impérial d'occupation par lequel ce dernier annonce que tout courrier arrivant à Évreux devra être ouvert pour être soumis au contrôle allemand.

Le 3 février 1871
Mort à Évreux de Sylvestre Ézéquiel Anquetil, fabricant et marchand de coton à Rouen.

Le 5 février 1871
Suivant l'exemple du Progrès de l'Eure, plusieurs quotidiens parisiens reproduisent l'échange épistolaire entre le secrétaire général français du département de l'Eure et le préfet impérial d'occupation au sujet de la libre circulation du courrier et des imminentes élections municipales à Évreux.

Le 11 février 1871
Le préfet de l'Eure Alexandre-Denis Fléau écrit une dépêche :
« Obligé de revenir à Évreux, je suis arrêté et gardé à vue chez moi. On vient, après vingt-quatre heures, de lever mes arrêts. »

Le 13 février 1871
Les autorités allemandes d'occupation exigent des sommes considérables à titre de contribution de guerre : quinze millions de francs pour le département de l’Eure.

Le 16 février 1871
Désemparés face aux exigences financières allemandes, les maires des communes des deux cantons d’Évreux se réunissent à l’hôtel de ville pour s’entendre sur ce qu’il y a à faire. Les représentants de la ville d’Évreux sont alors MM. David, Deschamps et Labbé. Après un long débat, M. David émet l’avis que plusieurs des membres du conseil général, alors présents, prennent l’affaire en main et fassent des démarches à Paris afin d’annuler le décret impérial. MM. de Barrey, Trutat et Labbé partent donc vers 10 heures du soir en compagnie de M. Pigache. Ils changeront de montures à Pacy-sur-Eure dans la nuit.

Le 17 février 1871
Parti d'Évreux la veille en compagnie de MM. de Barrey et Trutat pour réunir les fonds nécessaires, M. Labbé démarche le Crédit foncier et la Banque de France sans succès.

Le même jour
Les conseillers généraux du département se réunissent à l'hôtel de ville d'Évreux afin de traiter la question de la contribution de guerre exigée par l'autorité allemande.

Le 18 février 1871
Dès leur retour à Évreux, MM. David et Labbé se rendre au Grand Cerf où ils retrouvent MM. De Lagrange et de Barrey qui leur font part des menaces réelles d’exécution exprimées par les autorités allemandes.

Le 20 février 1871
M. Saint-Ange Plet achève la rédaction d'Évreux et sa colonie : 1870-1871, défense de Paris qui paraîtra chez Prissette.
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COuverture de l'ouvrage de Saint-Ange Plet édité le typographe Prissette à Paris
© BNF-Gallica, Département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 8-LH5-497
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Le même jour
La mairie d’Évreux est avisée par les autorités allemandes qu’il faut payer 660 000 francs sous peine d’exécution militaire. Devant la menace de ce nouvel ultimatum, Jean-Louis Lépouzé considère qu’il faut sans tarder entreprendre une démarche auprès du colonel des dragons et de Von de Rheinbaben, général de division.

Le même jour
Membre du conseil général du département de l’Eure, M. Labbé rédige à Évreux une protestation à l’adresse du général de division Von Rheinbaben par laquelle il exige que :
« toute demande suivie d’exécution militaire soit suspendue jusqu’à ce que l’autorité allemande ait reçu une réponse de Versailles émanant de M. le comte de Bismarck. »
Le général montre rapidement des signes d’exaspération devant l'outrecuidance euroise et refuse tout aménagement.

Le même jour
Vers la fin de l’après-midi, le colonel du régiment de dragons se présente à la mairie d’Évreux et annonce que le général prussien doit s’absenter deux jours, ce qui permet d’accorder un sursis au département. Le conseil municipal d’Évreux se réunit donc dans la soirée et envisage un nouveau déplacement à Versailles pour négocier les conditions d’indemnisation.
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Le général Albert Von Rheinbaben
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Le 21 février 1871
Les négociations avec le général de division Von Rheinbaben étant au point mort, la ville d'Évreux doit toujours procéder sous peine d'exécution militaire à un premier versement de 660 000 francs pour la contribution de guerre exigée par l'autorité allemande mais bénéficie désormais d'un très léger délai supplémentaire.

Le même jour
Munis d’un sauf-conduit et du courrier adressé à Otto Eduard Leopold von Bismarck, MM. Labbé et David quittent de nouveau Évreux, passent par Nonancourt et se présentent au ministère des Affaires étrangères afin d’obtenir une audience avec le ministre Jules Favre. Ce dernier étant absent, les deux délégués comptent sur la bonne volonté du secrétaire ministériel pour que le précieux courrier arrive à son destinataire dans les meilleurs délais.

Le 23 février 1871
MM. David et Labbé rentrent de Paris relativement satisfaits d’avoir pu abaisser de deux millions de francs la contribution de guerre initiale exigée par l’autorité allemande. Ils se dirigent immédiatement à la préfecture du département pour faire part de leurs démarches.

Le même jour
Attendant le paiement exigé, les Allemands chargent seize soldats armés d’occuper les maisons de six conseillers municipaux Lépouzé dont celles de David, Dian et Séraphin Cauët. Dans le même temps, à l’hôtel de ville, les délégués de tous les cantons comptent les fonds : les deux cantons d’Évreux contribuent à hauteur de 40 000 francs.

Le même jour
C'est non sans peine que le département de l'Eure paie un acompte de 200 000 francs pour la contribution de guerre exigée par l'autorité allemande.

Le 24 février 1871
Nouveau propriétaire du journal ébroïcien Le Progrès de l'Eure, M. Germain est arrêté à son domicile par 25 cuirassiers allemands puis incarcéré.

Le même jour
Membres délégués du conseil, MM. de Barrey, de Lagrange, de Chambray, Trutat et Labbé portent au préfet impérial allemand la somme réunie et comptée la veille : 166 367 francs. Le conseil s’engage aussi à payer pour le 4 mars la somme de 833 633 francs.

Le même jour
Les autorités allemandes reconnaissent l'engagement du département de l'Eure à verser 833 633 francs de contribution de guerre pour le 4 mars.

Le 27 février 1871
Un nouveau service ferroviaire de voyageurs est établi entre Évreux et Laigle, avec départ à 7h35 et retour à 4h35 mais, la question des transports étant encore soumise à la direction des autorités allemandes, la Compagnie des chemins de fer de l'Ouest ne peut garantir ni régularité des horaires ni suffisance des places.

Début mars 1871
Le maire d'Évreux apprend à ses administrés que le commandant prussien lui a fait savoir que la viande faisant défaut dans les dépôts allemands, la population est désormais tenue de nourrir l'occupant.

Le 6 ou 8 mars 1871
Les troupes allemandes d’occupation commencent à quitter Évreux selon les conventions d’armistice.

Vers le 10 mars 1871
En quittant Évreux, les troupes allemandes d'occupation emmènent avec eux deux paysans qu'ils avaient capturés puis condamnés à mort à la suite de l'attaque d'un de leurs détachements à Sainte-Marguerite-de-l'Autel.

Mi-mars 1871
Sous les ordres du général Marteneau, une colonne composée de réservistes libérables issus des 105e, 106e, 107e, 108e, 111e, 112e, 115e, 161e, 117e, 118e, 134e, et 139e régiments de ligne se dirigent vers Évreux, Chartres et Orléans.

Le 20 mars 1871
Joseph-Jean-Charles-Jules Sers succède à la préfecture de l'Eure à Alexandre-Denis Fléau, démis de ses fonctions.

Le même jour
Désarmée depuis la défaite, la garde nationale du département réclame depuis Évreux d'être réarmée, sans toutefois avoir la moindre intention belliqueuse à l'égard du vainqueur prussien.

Le 12 avril 1871
Commis de direction des postes à Évreux, M. Villaume est nommé contrôleur à Saint-Brieuc dans les Côtes-du-Nord (actuelles Côtes-d'Armor).

Le 30 avril 1871
Jean-Louis Lépouzé est réélu maire d'Évreux et Séraphin Cauët, futur maire, est réélu conseiller municipal.

Le 9 juin 1871
Interrogé par le magistrat instructeur dans le cadre de l’enquête sur l’ancien préfet Eugène Janvier de La Motte, l’ancien agent voyer François Alexandre Désiré Boulanger dément toute fraude lors de multiples paiements effectués auprès du trésorier général d’Évreux, au cours de l’année 1862, alors qu’il s’agissait bel et bien d’une des manoeuvres participant à un important système de corruption et de détournement d’argent public mis en place par le haut-fonctionnaire.

Le 13 juin 1871
Mort à Évreux de Jean Charles Désiré Alexandre Denet, maître d'hôtel Au Mouton couronné, et père du peintre ébroïcien Charles Denet.

Le 11 juillet 1871
Le conseil municipal vote l'acquisition de l'hôtel du Milan afin de permettre l'élargissement de la rue Joséphine.

Le 18 juillet 1871
Le conseiller à la cour, le substitut du procureur général et le greffier de la chambre des mises en accusation se rendent à Évreux dans le cadre de l'instruction relative aux accusations contre Eugène Janvier de La Motte, ancien préfet du département de l'Eure.

Le 24 juillet 1871
Le ministre des Travaux publics Roger Saubert de Larcy homologue les traités passés l'année précédente et qui concernent, entre autres, la ligne ferroviaire d'Évreux à Elbeuf.
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Le ministre Roger de Larcy dans les pages du périodique Le Monde illustré daté du 18.11.1882
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Le 6 août 1871
Constructeur à Évreux, M. Béranger remporte une médaille de vermeil ainsi qu’une enveloppe de 150 francs au concours de moissonneuses de Damville.

Le 23 août 1871
Le conseil municipal envisage d’obtenir un régiment de cavalerie en garnison.

Le 24 août 1871
Au coeur de l’enquête sur l’ancien préfet Eugène Janvier de La Motte, l’ancien agent voyer François Alexandre Désiré Boulanger revient sur ses déclarations et admet que nombre de mémoires présentés au trésorier général d’Évreux, contre paiements, l’ont été de façon frauduleuse et qu’ils participaient bien à un système de corruption et de détournement d’argent public mis en place par le haut-fonctionnaire.

Le 6 septembre 1871
L'Etat accorde au département de l'Eure une indemnité de 1 538 700 francs pour les réquisitions, dégâts et pertes engendrés par l'occupation allemande.

Le 12 septembre 1871
Le quotidien national Le Temps publie l'annonce suivante dans ses colonnes :
« École professionnelle d'Évreux, vaste et magnifique établissement laïque, contenant 200 élèves, pension, 500 francs. »

Le 19 octobre 1871
Procureur de la République à Louviers, M. Bayeux est nommé à Évreux en remplacement de M. Marye, promu conseiller à la cour d'appel de Rouen.

Vers le 23 octobre 1871
La Compagnie du chemin de fer d'Orléans à Châlons annonce l'ouverture de la ligne d'Évreux à Louviers.

Le 4 novembre 1871
Le conseiller général Novembre est trouvé étranglé dans son lit à l'hôtel du Dauphin à Évreux. L'enquête conclut rapidement à un suicide causé par des problèmes familiaux.

Le 6 novembre 1871
Les sections ferroviaires « Évreux-Embranchement aux usines de Navarre » et « Évreux au Neubourg par les plateaux » sont concédées à la Compagnie du chemin de fer d'Orléans à Rouen.

Le 7 novembre 1871
L'ancien préfet Janvier de La Motte « qui télégraphiait à Paris pour demander deux langoustes qu'un fournisseur du quartier Bréda lui expédiait par le premier train » et le nouveau préfet de l'Eure Joseph Jean Charles Jules Sers qui « ne se mouche plus sans demander conseil au prince » sont moqués par Louis de Coulanges, journaliste du Figaro.

Le 11 novembre 1871
Louis Jules Olivier Mouchel reprend l'usine amont de Navarre à la mort de son père.

Le 13 novembre 1871
Naissance au domicile de ses parents situé 4 rue des Fossés-Saint-Thomas à Évreux de Charles Alfred Georges Loche, avocat à la cour d'appel de Paris, membre de la Société de médecine légale et officier de la Légion d'honneur.
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Signature de Georges Loche sur le récépissé de brevet de la Grande Chancellerie de la Légion d'honneur
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Le 16 novembre 1871
Lors d’une séance de la Société d’anthropologie de Paris présidée par M. Gaussin, il est fait lecture d’une lettre de Raoul Guérin, lequel annonce avoir trouvé, dans la tranchée du chemin de Louviers à Évreux, deux silex non taillés et couverts sur une face de remarquables stries dites « glaciaires ».

Vers décembre 1871
Inspecteur général des monuments historiques, Eugène Viollet-le-Duc se rend à Évreux où a été signalé une lézarde sur la voûte de la grande nef de la cathédrale.

Le 1er décembre 1871
Après une série de cambriolages à Saint-Désir, les gendarmes de la brigade de Lisieux démantèlent un groupe de voleurs aussi actifs que mobiles et à la tête duquel se trouve un certain Lecesne, âgé de quinze ans et qui a dépensé dans une excursion à Évreux la somme de 340 francs, gain de ses premiers forfaits.

Le 7 décembre 1871
Enquêtant sur le système de corruption et de détournement d’argent public mis en place par le sulfureux préfet bonapartiste Eugène Janvier de La Motte, un audit permet de découvrir que le mémoire justifiant les 5 000 francs de budget pour le terrassement du chemin allant de Pont-Saint-Pierre à Andé, datant de janvier 1862, avait été frauduleusement signé par l’aéronaute parisien Jules Godard et non par M. Perrée, le régisseur alors attitré.

Le 16 décembre 1871
Mort à Évreux de Théodose Bonnin, archéologue, historien local et inspecteur des Monuments historiques de l'Eure.

Avant la fin décembre 1871
Parution des Prussiens à Évreux, histoire héroï-comique d'un journaliste français par l'éditeur Chez tous les Libraires

Le 31 décembre 1871
Depuis le début de l'année, ce sont précisément 110 personnes qui ont été jugées par la cour d'assises de l'Eure siégeant à Évreux.

Le même jour
L'asile d'aliénés de Navarre compte 437 pensionnaires dont 201 hommes et 236 femmes.

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