L'Histoire d'Évreux

1869

L'Histoire d'Évreux où l'on verra, entre autres, que la Cité-Jolie donne naissance à un acteur du cinéma muet d'Hollywood.

< >

logo

Les événements fondateurs, les petites et grandes péripéties de la ville, les personnages marquants, les anecdotes diverses, les informations les plus variées...

1869


En 1869
La démolition des halles aux grains permet l'ouverture de l'actuelle rue du Duc-de-Bouillon, nom en hommage à Frédéric Maurice de la Tour d'Auvergne qui récupéra le comté d'Évreux en 1651, en cédant au roi Louis XIV la principauté de Sedan et d'autres territoires.

La même année
Préfet de l'Eure depuis l'année précédente, Arthur Tourangin est élu président de la Société libre d'agriculture, sciences, arts et belles-lettres de l'Eure et succède à M. Duverger.
Photo

Dessin de Louis Pasteur représentant Arthur Tourangin, préfet de l'Eure de 1868 à 1870
© Frédéric Siméon / Geneanet
Domaine public


La même année
Des chapiteaux de colonnes antiques sont mis au jour à l'emplacement de l'ancien bâtiment de la caisse d'épargne.

La même année
Les halles aux grains ayant été démolies pour permettre l'ouverture de la future rue du Duc-de-Bouillon, le marché aux grains est transféré sur la place de la Poissonnerie, située au pied de la tour de l'horloge.

La même année
La papeterie des usines de Navarre emploie une cinquantaine d'ouvriers pour le blanchiment de chiffons et la fabrique de papier.

Le 20 janvier 1869
Président du tribunal civil d'Évreux, Louis-Antoine d'Imbleval entre à la commission de surveillance de l'asile départemental des aliénés de Navarre.

En février 1869
Alors sur le départ pour Nîmes dans le Gard, L'ancien préfet Eugène Janvier de La Motte est si populaire chez les sapeurs pompiers d’Évreux, que ces derniers composent la Marseillaise des pompiers de l’Eure dont une partie du texte dit :
« En l’honneur de Janvier, ce préfet populaire,
Noble coeur, la gloire d’Évreux !
Le tocsin sonne, le feu brille,
Accourons au feu les premiers ;
Du feu sauver une famille
Est le triomphe des pompiers. »

Le 15 février 1869
Un punch grandiose, dont la presse républicaine se moquera, est offert à l'ancien préfet Eugène Janvier de La Motte qui s’apprête rejoindre le sud de la France. Devant l’auditoire du théâtre municipal d’Évreux , l’homme politique controversé déclame : « Je vais à Nîmes mais mon coeur reste à Évreux ! ».

Le 24 février 1869
L'élargissement de la rue du Pont Notre-Dame est autorisé par arrêté préfectoral.
Photo

Le pont Notre-Dame sur un plan de ville d'Évreux édité en 1845
© Bibliothèque nationale de France, GED-2201
Domaine public


Vers le 25 février 1869
Maître de fonderies à Évreux, M. de Jean semble vouloir se présenter aux élections législatives du mois de mai.

Le 27 février 1869
Mort à Évreux de Jules Théodore Patot de Grancourt, géomètre, employé aux domaines, conducteur des ponts et chaussées et architecte voyer de la ville d'Évreux.

Le 5 mars 1869
Vice-président du tribunal civil d'Évreux, Louis-Antoine d'Imbleval est promu président.

Le 16 mars 1869
Frappés avec le nom des villes de Rouen, Orléans, Blois, Bourges, Beaugency, Châteaudun et Vendôme, environ 50 deniers sont trouvés lors de fouilles aux abords de l'église Saint-Taurin.

Le 24 mars 1869
Le quintal de blé augmente de 55 centimes au marché d'Évreux.

Le 26 mars 1869
Le Conseil d'État étant favorable à la prolongation du chemin de fer d'Évreux à Pacy, le duc d'Albuféra conseille cependant aux élus locaux et aux notables des communes concernées d'organiser des pétitions pour faire accélérer ce projet.

Le 23 avril 1869
Secrétaire général de la préfecture de l’Eure, J. Bouchetal-Laroche adresse un courrier officiel à M. Boué, directeur et gérant du Progrès de l’Eure, par lequel il lui annonce que l’autorisation que le journal avait obtenue le 31 juillet 1868 de vendre et de colporter sur la voie publique, est reportée.

Vers le 25 avril 1869
Représentée par son maire Nicolas-François Huet et opposée au conseil général de l'Eure, la municipalité d'Évreux est en instance devant le Conseil d'État pour faire annuler, pour excès de pouvoir, les délibérations des 27 août 1867 et 28 août 1868, qui concèdaient les chemins de fer d'intérêt local d'Évreux à Elbeuf et de Dreux à Acquigny.

Le 1er mai 1869
Un décret déclare d'utilité publique l'établissement d'une ligne ferroviaire reliant Évreux à la limite de la Seine-Inférieure (actuelle Seine-Maritime) en passant par Louviers.

Début mai 1869
Ancien commissaire à Évreux du gouvernement provisoire, le républicain Nicolas-Jules Davy annonce sa candidature pour les prochaines élections législatives, où il s'opposera au dynastique Louis Napoléon Suchet et au libéral Louis Passy .

Le 5 mai 1869
M. Duverger est nommé président du tribunal de première instance d'Évreux en remplacement de feu M. Justin, tandis que M. Anquetil est nommé substitut du procureur.

Le 23 mai 1869
Parmi la trentaine de lycéens en retenue, trois refusent la punition infligée par le maître chargé de la surveillance, ce qui conduit ce dernier à faire un rapport sévère au proviseur du lycée impérial d'Évreux.

Le 24 mai 1869
Outré par les trois réfractaires de la veille, le proviseur du lycée impérial d'Évreux les fait mettre « au cachot ». Une trentaine de leur camarades se révoltent, enfoncent les portes et les libèrent. Les autorités municipales sont alertées mais la position intraitable des élèves conduit la direction de l’établissement à abandonner l'expulsion définitive envisagée ou tout autre sentence disciplinaire à leur égard.

Le 29 mai 1869
Juge au tribunal, M. Molle est promu vice-président, tandis que M. Hérissey, juge d'instruction à Bernay, est muté à Évreux.

Le 4 juin 1869
En forme d'hommage à Frédéric Maurice de la Tour d'Auvergne qui récupéra le comté d'Évreux en 1651 en cédant au roi Louis XIV la principauté de Sedan et d'autres territoires, le conseil municipal donne le nom de « Duc-de-Bouillon » à l'ancienne rue de la Halle, récemment élargie.

Le 25 juin 1869
Le conseil municipal autorise la proposition du maire d'acheter un terrain, afin d'y construire un bassin de rétention des eaux du boulevard Saint-Jean (actuelle rue Victor-Hugo).

Fin juin 1869
La chambre des députés reçoit une pétition insinuant que le découpage administratif d'Évreux, pour les élections législatives, n'est qu'une manoeuvre politique pour allier les votes indépendants de la ville avec ceux des campagnes avoisinantes.

En juillet 1869
Rédacteur en chef du Journal de la Savoie, Henri-Abel Tardiveau prend la direction du Courrier de l'Eure, propriété de M. Hérissey, notable ébroïcien.

Le même mois
Parution chez l'éditeur ébroïcien Hérissey de Notices historiques sur la Révolution dans le département de l'Eure de Louis Boivin-Champeaux, ancien magistrat de la ville ayant souhaité donné un aperçu de cette période trouble « depuis le haut de la cathédrale d'Évreux ».

Le 3 juillet 1869
Les observateurs constatent une légère baisse du prix de l’avoine et du froment sur le marché aux grains d’Évreux, tandis que celui du seigle semble s’effondrer face à la légitime volonté des cultivateurs de se débarasser de l’ancienne récolte.

Le 9 juillet 1869
La ville d'Évreux est brièvement mentionnée dans Le Forgeron de la Cour-Dieu, feuilleton de Ponson du Terrail paraissant dans le quotidien La Presse : « Je voudrais du moins partir demain au soir par le coche d'Évreux, Mme. »

Le même jour
Naissance à Évreux d'Urbain Émile Hyacinthe de Leffe, avocat à la cour d'appel de Poitiers, président du conseil général de la Vienne et chevalier de la Légion d'honneur.

Début août 1869
Directeur des contributions directes à Moulins dans l'Allier, M. Hoche est nommé aux mêmes fonctions à Évreux.

Le 11 août 1869
Major d’infanterie, vétéran de cinq campagnes militaires et commandant du bureau de recrutement d’Évreux, Isidore Joseph Bonaventure est fait chevalier de la Légion d’honneur.

Vers le 20 août 1869
Tandis que M(...), rentier ébroïcien, s’est assoupi après un déjeuner très arrosé chez son ami menuisier à Gravigny, ce dernier lui substitue les clés, et cambriole avec sa fille le domicile de l'imprudent. Ils parviennent à s’emparer de 1 040 francs qui étaient cachés dans une commode. Les deux malhonnêtes ne profiteront pas de leur butin et passeront la nuit en cellule.

Le 27 août 1869
Moyennant une subvention départementale de plus de deux millions de francs, le conseil général de l’Eure concède à M. Gellerat l’exploitation du chemin de fer d’intérêt local d’Évreux à Verneuil par Damville et Breteuil avec embranchement de Damville à Nonancourt.

Le 31 août 1869
Dirigée par l’agent comptable de l’établissement, la fanfare des pensionnaires de l’asile d’aliénés de Navarre se rend par train à Conches en compagnie du docteur Védie. Les musiciens amateurs interprètent plusieurs symphonies, déjeunent dans la ville, visitent l’église puis retournent à l’hospice en début de soirée.

Le 6 septembre 1869
Victime d'une rupture d'anévrisme, Mme Davy est retrouvée morte dans la calèche qui la conduisait d'Évreux à la propriété de Navarre où son beau-frère, le député Louis Martel, donnait une grande réception.
Photo

Portrait du sénateur Louis Martel, photoglyptie de Lemercier et Cie d'après une photographie de Ferdinand Mulnier
© Wikimedia Commons
Domaine public


Le 11 septembre 1869
Devant la cour d’assises où il comparaît pour la mort de deux enfants dans l’incendie de leur domicile du Moulin de la Pie, le chasse-moute (coursier du meunier) Goujard donne pour alibi une visite pour affaires à Évreux.

Le 19 septembre 1869
Naissance à Évreux de Paul Charles Antoine Richard Vallotte, chef d'escadron breveté de cavalerie au service de l'état-major de la 17e région, engagé dans la Première Guerre mondiale, croix de guerre 1914-1918, administrateur-délégué de la Compagnie franco-polonaise des pétroles et officier de la Légion d'honneur.
Photo

Titre émis par la Compagnie franco-polonaise des pétroles
© Numistoria
Avec l'aimable autorisation du site


Le 1er octobre 1869
Naissance à Évreux d'Ernest Victor Maupain, acteur de cinéma, à l'affiche de plusieurs films produits à Hollywood dont Sherlock Holmes d'Arthur Berthelet en 1916.

Le 6 octobre 1869
La préfecture de l'Eure autorise l'élargissement de la rue Saint-Sauveur entre les deux ponts.

Le 22 novembre 1869
Naissance au 28 rue Chartraine à Évreux de Marie Auguste André Beaunier, romancier, critique littéraire, chroniqueur à la Revue des deux Mondes, éditorialiste à l'Écho de Paris, président de la Société libre d'agriculture, sciences, arts et belles-lettres de l'Eure, lauréat du prix Calmann-Lévy de l’Académie française, et officier de la Légion d'honneur.
Photo

Portrait d'André Beaunier en 1912 présenté dans l'édition de "La Crise", comédie en trois actes écrite en collaboration avec Paul Bourget
© Wikimedia Commmons
Domaine public


Le 27 décembre 1869
Se rendant au domicile de leur défunte tante pour prendre connaissance de leur part d’héritage, deux nièces apprennent avec surprise qu’un testament a été rédigé au profit d’un petit-neveu dénommé Fernand Glutron, domicilié boulevard Chambaudoin. Dans une colère noire, elles se rendent aussitôt chez un armurier de la ville, se procurent un fusil puis se présentent devant le jeune héritier surlequel elles tirent sans l'atteindre.

Le 31 décembre 1869
Depuis le début de l'année, ce sont précisément 60 personnes qui ont été jugées par la cour d'assises de l'Eure siégeant à Évreux.

Le même jour
L'asile d'aliénés de Navarre compte 441 pensionnaires, dont 255 femmes et 186 hommes.

< avant après>