L'Histoire d'Évreux

1796 - 1797

L'Histoire d'Évreux où l'on verra, entre autres, que tout réfractaire au service de la garde nationale écopera de trois jours de prison.

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Les événements fondateurs, les petites et grandes péripéties de la ville, les personnages marquants, les anecdotes diverses, les informations les plus variées...

1796


Le 24 janvier 1796
4 Pluviôse an IV

Les autorités ecclésiastiques d'Évreux sont autorisées à installer un séminaire dans un des bâtiments de l'ancienne abbaye de Saint-Taurin.

Le 30 janvier 1796
10 Pluviôse an IV

Des rumeurs annoncent que près de 40 chouans contre-révolutionnaires, dont un foyer est implanté aux Andelys, s'en sont pris à plusieurs villages des environs.
Photo

Armand, Édouard et Raoul Gaillard, les célèbres frères chouans de Normandie
© Passion généalogie et histoires normandes
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Le 15 février 1796
26 Pluviôse an IV

Installés aux barrières d'entrée de la ville, des gardes armés ont pour ordre de vérifier les papiers de tous les voyageurs.

Le 26 mars 1796
6 Germinal an IV

La livre de blé est vendue de 10 à 30 francs à Évreux.

Le 29 avril 1796
22 Floréal an IV

Vétéran comme mousse à bord du Brave pendant la Guerre d'indépendance des États-Unis, puis sous-officier de marine, mais désormais établi avec son frère à Évreux comme ouvrier imprimeur, Guy Georges Charles-François Chaumont-Quitry outre violemment un jeune homme avec ses déclarations sur le célibat. Pour mettre un terme au différend, l'ancien marin le provoque en duel pour le lendemain, à l'aube.

Le 30 avril 1796
23 Floréal an IV

Vétéran de la Guerre d'indépendance des États-Unis et ouvrier imprimeur à Évreux depuis 1793, Guy Georges Charles-François Chaumont-Quitry est blessé de trois coups d'épée par un jeune homme qu'il avait provoqué en duel. Les deux protagonistes s'étaient violemment opposés, la veille, sur le sujet du célibat.

Le 25 juin 1796
7 Messidor an IV

Il est interdit de posséder en ville lapins, cochons, poules ou autres animaux domestiques.

Le 19 juillet 1796
1er Thermidor an IV

Les habitants de La Madeleine obtiennent gain de cause, devant le tribunal du département, dans le procès qui les opposent à Mme Hennequin d'Arbouville (ou Leduc) sur la fermeture de la rue dite « de la Chapelle Saint-Gratien ».

Le 27 juillet 1796
9 Thermidor an IV

La Garde nationale se réunit en grand nombre pour la fête anniversaire de la chute de Maximilien Robespierre.

Le 3 août 1796
16 Thermidor an IV

MM. Clémendot et Chaumont font l'acquisition d'un terrain qui appartenaient à l'abbaye de Saint-Sauveur.

Le 10 août 1796
23 Thermidor an IV

Un spectateur imprudent est gravement écorché aux jambes pré du Bel-Ébat où se déroulait une course de chevaux.

Le 20 août 1796
3 Fructidor an IV

L'église de la paroisse Saint-Nicolas est vendue à M. Mesnier.

Le 27 août 1796
10 Fructidor an IV

Des guirlandes de verdure sont accrochées à la porte des habitations des Ébroïciens les plus âgés, et des bouquets de fleurs leur sont offerts.

Le 17 septembre 1796
1er jour complémentaire an IV

Condamné à mort pour meurtre, un grenadier volontaire est guillotiné. Son corps est est ensuite plusieurs heures dans un cercueil placé au pied de l'échafaud.

En décembre 1796
Frimaire an V

Il est procédé à la démolition du pont Bavet, situé rue de la Vieille-Gabelle.

Le 28 décembre 1796
8 Nivôse an V

Naissance à Évreux d'Anatole Del'Homme (ou Delhomme), contôleur des contributions directes et bienfaiteur de la ville comme ses frères Alexandre et Olivier.

1797


En 1797 (Vers an V)
Le pont Bavet de la rue de la Vieille-Gabelle est reconstruit avec des pierres provenant du cimetière de la cathédrale.

La même année (1797)-(V)
Naissance à Évreux de Louis Maresse, pianiste, compositeur et notamment auteur de l'opéra comique L'Habit retourné.
Photo

Louis Maresse, estampe de Tudot d'après Vander Berghe
© BNF-Gallica, Département Musique, Est. Maresse L.001
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Le 20 janvier 1797
1er Pluviôse an V

Des prisonniers de guerre autrichiens sont réquisitionnés pour nettoyer la boucherie, et aménager un sentier praticable du côté de l'ancienne abbaye de Saint-Sauveur.

Le 21 janvier 1797
2 Pluviôse an V

Pour des raisons sanitaires, la municipalité contraint les bouchers à retirer les étalages de viande de la rue, et à n'exercer qu'à l'intérieur de leur établissement.

Le 27 janvier 1797
8 Pluviôse an V

Environ dix jours après la victoire décisive des armées de la République à la bataille de Rivoli contre les Autrichiens est annoncée aux carrefours d'Évreux.

Le 5 février 1797
17 Pluviôse an V

Le boulanger pouvant librement en fixer le prix depuis quelques temps déjà, les autorités municipales décident de le taxer à un franc les huit livres quand il est ordinaire, et un franc et quatre sous les huit livres quand il est blanc.

Le 13 février 1797
25 Pluviôse an V

Projetant de construire une maison à l'emplacement de l'auberge du Cornet, M. Vermande interroge la municipalité pour savoir si l'alignement que lui avait permis Godefroy Charles Henri de La Tour d'Auvergne, en 1790, sur la rue du Trou-Béchet, est toujours valable.

Le 14 février 1797
26 Pluviôse an V

Le département de l'Eure autorise la ville à ouvrir une rue sur le terrain que MM. Clémendot et Chaumont avaient acquis en août précédent, du côté de l'abbaye de Saint-Sauveur.

Le 23 février 1797
5 Ventôse an V

La rue Neuve-Saint-Sauveur qui longe la côte de Saint-Michel et l'ancienne abbaye de Saint-Sauveur est ouverte.

Le 10 mars 1797
20 Ventôse an V

Naissance à Évreux de Jean Baptiste Joseph Letellier, capitaine au 2e régiment de dragons et officier de la Légion d'honneur.

Le 20 mars 1797
30 Ventôse an V

La « Cloche d'Argent » permettra d'annoncer les assemblées primaires qui se dérouleront du 21 au 27 mars.

Le 12 avril 1797
23 Germinal an V

Il est procédé au dépouillement de l'élection d'un membre du Conseil des anciens, et de deux membres du Conseil des Cinq-Cents.

Vers le 25 avril 1797
Vers le 6 Floréal an V

Alors qu'ils en sont à creuser les fondations, M. Boiney, épicier, et M. Gossoin, marchand de toiles, sont contraints de faire abattre leurs maisons vétustes qui menaçaient de s'écrouler. Ils mettront alors au jour des ossements de corps humains, et des pots en grès dans lesquels gisent des corps d'enfants.

Le 27 avril 1797
8 Floréal an V

Des préliminaires de paix entre la République et la coalition sont annoncés au son des cloches et au bruit du canon.

Le 28 avril 1797
9 Floréal an V

Les particuliers qui conduisent plusieurs chevaux à l'abreuvoir de la Planche devront désormais les attacher par la queue et non au col.

Le 29 avril 1797
10 Floréal an V

La fête des Époux se tient dans la cour de l'ancien château des comtes d'Évreux.

Le 3 mai 1797
14 Floréal an V

Des préliminaires de paix entre la République et la coalition sont de nouveau annoncés au son des cloches et au bruit du canon.

Le 11 mai 1797
22 Floréal an V

Naissance au domicile de ses parents situé rue aux Bouchers (actuelle rue Isambard) de Victor Mordret, vétéran de la campagne des Cent-Jours, chef de bataillon à Alger, capitaine de 1re classe à l'état-major du génie à Rouen, chef de bataillon du génie à Péronne et officier de la Légion d'honneur.

Vers le 15 mai 1797
Vers le 26 Floréal an V

La maison de la rue Trianon (actuelle rue Saint-Louis), que l'ancien vitrier Del'Homme (ou Delhomme) avait achetée à ses enfants, est abattue pour permettre la création d'une voie conduisant à l'allée des Soupirs.
Photo

Plaque de l'allée des Soupirs de nos jours
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Le 24 juin 1797
6 Messidor an V

Guillaume Langlois, président de l'administration du département de l'Eure depuis environ un mois, M. Goubert, également administrateur départemental, et François Lecerf, procureur syndic du département puis agent national du district d'Évreux et député de l'Eure au Conseil des Cinq-Cents, rentrent à pied d'un souper pris chez Godefroy Charles Henri de La Tour d'Auvergne au château de Navarre. Soudain, à dix pas, un homme armé d'un fusil à deux coups les met en joue puis tire mortellement sur M. Goubert en pleine poitrine. Guillaume Langlois est légèrement blessé au coude, tandis que le troisième s'échappe en sautant dans les eaux de l'Iton.

Le 25 juin 1797
7 Messidor an V

Assassiné la veille en rentrant d'un souper chez Godefroy Charles Henri de La Tour d'Auvergne au château de Navarre, M. Goubert, l'un des administrateurs du département de l'Eure est inhumé en présence d'une très importante foule au grand cimetière des Quatre-Acres (actuel cimetière Saint-Louis).

Le 28 juin 1797
10 Messidor an V

La fête de l'Agriculture commence par le labourage partiel d'un champ situé route de Paris, et se poursuit dans la cour du château (actuelle place du Général-de-Gaulle) où sont installés une pyramide et un autel.

Le 13 ou 15 juillet 1797
25 ou 27 Messidor an V

Les exécutions publiques auront désormais lieu place Saint-Léger pour libérer la place du Grand-Carrefour.

Le 27 juillet 1797
9 Thermidor an V

Comme l'année précédente, la Garde nationale se réunit en grand nombre pour la fête anniversaire de la chute de Maximilien Robespierre.

Le 10 août 1797
23 Thermidor an V

Guillaume Langlois, président de l'administration du département de l'Eure, prononce un discours à l'occasion de la fête du 10-Août qui commémore la prise du palais des Tuileries en 1792, après l'insurrection de la Commune de Paris.

Le 13 août 1797
26 Thermidor an V

Pendant la fête de Saint-Taurin qui dure huit jours, les marchands s'étalent de façon inhabituelle dans la rue de l'Union (actuelle rue Joséphine).

Le 27 août 1797
10 Fructidor an V

Des guirlandes de verdure sont accrochées à la porte des habitations des Ébroïciens les plus âgés, et une bannette de fruits leur est offerte.

Vers le 5 septembre 1797
Vers le 19 Fructidor an V

Des troupes de l'armée de Sambre-et-Meuse passent par Évreux avant de rejoindre Paris, où ils assureront la défense du Directoire.

Le 5 septembre 1797
19 Fructidor an V

Les barrières de la capitale étant fermées à cause des troubles, aucune diligence ni voiture de Paris ne se présentent à l'entrée d'Évreux.

Le 8 septembre 1797
22 Fructidor an V

Le port de collet noir est interdit car considéré comme signe contre-révolutionnaire.

Le 22 septembre 1797
1er Vendémiaire an VI

La fête du Premier de l'an VI de la République, annoncée la veille par le son des cloches et une salve de douze coups de canon, commence par la lecture de la proclamation du Directoire à la cathédrale Notre-Dame d'Évreux, et se poursuit avec un déjeuner regroupant 250 personnes à la maison de Saint-Taurin, ancienne lieu de culte transformé.

Le 27 septembre 1797
6 Vendémiaire an VI

Un bureau de recrutement militaire est mis en place pour décider de l'aptitude ou non des conscrits malades et infirmes.

Le 3 octobre 1797
12 Vendémiaire an VI

M. Legrand est élu président de l'administration provisoire du département de l'Eure.

Le 18 octobre 1797
27 Vendémiaire an VI

Âgés d'environ cinq ans, les enfants jumeaux Boisville dînent avec leur mère, chez leur grand-père, meurent empoisonnés par la soupe qui contenait de l'arsenic. Les soupçons se porteront rapidement sur Espérance Bance, gouvernante du grand-père.

Vers novembre 1797
Vers Brumaire an VI

Section de la forêt d'Évreux dont le bois est exclusivement réservé à la reconstruction pour cause d'incendie, et ce depuis plusieurs générations, le « Rideau » est abattu.

Le 10 novembre 1797
20 Brumaire an VI

La municipalité conduite par Louis Granger, président provisoire de l'administration municipale, équivalent révolutionnaire du poste de maire, décide que tout membre de la Garde nationale n'ayant pas effectué son devoir sera condamné à trois jours de prison.

En décembre 1797
Vers Frimaire an VI

Le tribunal criminel d'Évreux condamne quatorze « chauffeurs », dont treize à la peine de mort. Ces voleurs, enclin à l'usage de la torture, sont originaires d'Écouis et de Lyons (actuel Lyons-la-Forêt).

Le 9 décembre 1797
19 Frimaire an VI

Gouvernante du grand-père des enfants jumeaux Boisville, empoisonnés à l'arsenic en octobre dernier, Espérance Bance est reconnue coupable d'infanticides et condamnée à mort.

Le 10 décembre 1797
20 Frimaire an VI

La majorité des institutrices d'Évreux n'assurent plus leurs cours, au lendemain d'un arrêté les obligeant à la prestation du serment de haine à la royauté, obligatoire pour tout fonctionnaire depuis la loi du 10 mars 1796.

Le 15 décembre 1797
25 Frimaire an VI

Prêts à en découdre avec les Anglais, environ 600 soldats passent par Évreux.

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