L'Histoire d'Évreux

1248 - 1259

L'Histoire d'Évreux où l'on verra, entre autres, que deux Raoul peuvent prétendre un temps au siège pourtant unique d'évêque.

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Les événements fondateurs, les petites et grandes péripéties de la ville, les personnages marquants, les anecdotes diverses, les informations les plus variées...

1248


En 1248
Membre d'une famille connue pour être en délicatesse avec les autorités ecclésiastiques, Gautier Houpequin refuse de payer à l'abbaye de Saint-Taurin le droit de relief.

La même année
L'hôtel-Dieu d'Évreux reçoit une pièce de terre située à Gravigny de Chrétien dit « Recucon », habitant de cette dernière paroisse.

En juin 1248
Pierre de Guichainville confirme la donation faite jadis par ses aïeux à l'abbaye de Saint-Taurin.

Le même mois
Mathieu de Champellis gage sur la vigne Haguenel le paiement d'une rente destinée à l'abbaye de Saint-Taurin.

En juillet 1248
De la paroisse Saint-Aquilin à Pacy, Jean Néel accorde à l'abbaye de Saint-Taurin d'Évreux une rente de vingt sous tournois sur le moulin de Morin.

1249


En 1249
Richard Augros, bourgeois d'Évreux, ne tenant pas compte de la trêve que le bailli royal lui avait imposé dans un litige l'opposant à Guillaume Bigot, frappe du poing ce dernier. Il est condamné à une amende significative dont la moitié est reversée à l'abbaye de Saint-Taurin.

La même année
Pour un montant de 200 livres et 100 sous tournois, le chevalier et seigneur Raoul de Saint-Luc et sa mère Godeheut vendent au chapitre ainsi qu'à l'évêque d'Évreux Jean de La Cour d'Aubergenville deux parties de dîme qu'ils possédaient sur son fief.

Le 14 janvier 1249
Un jugement est rendu dans une affaire fiscale opposant l'abbaye de Saint-Taurin à Gautier Houpequin, membre d'une famille connue pour être en mauvais termes avec les autorités ecclésiastiques.

En septembre 1249
Avec l'accord de son épouse Asceline, le bourgeois lovérien Raoul du Planchey vend un pré, un jardin, un grenier et ses dépendances qu'il possède près du moulin Jourdain à l'abbaye de Saint-Taurin, pour la somme de 218 livres et dix sous tournois.

1250


Vers 1250
L'évêque Jean II de La Cour d'Aubergenville fonde en la cathédrale d'Évreux les chapelles des martyrs saint Etienne, saint Laurent et saint Vincent.
Photo

La clôture des chapelles de la cathédrale Notre-Dame d'Évreux, photographiée par Médéric Mieusement, Inventaire Mémoire APMH00004170
© Ministère de la Culture (France) / Médiathèque de l'architecture et du patrimoine, diffusion RMN-GP
Voir mentions légales


En janvier 1250
Avec l'accord de son épouse Asceline, le bourgeois lovérien Raoul du Planchey fait don à Godefroi de la Rochelle, clerc de sa paroisse, d'un pré situé entre la rivière Eure et un pré appartenant aux moines de l'abbaye de Saint-Taurin, moyennant la rente d'une paire de gants d'un montant de trois sous tournois à payer à la fête de la Pentecôte.

En mars 1250

Raoul des Moulins vend pour quatre livres tournois au chanoine d’Évreux, Guillaume d’Ezy, une rente foncière annuelle de dix sous tournois à percevoir sur un fief à Heurgeville (Ugerivilla).

En avril 1250
Mathieu de Champellis vend une partie de la vigne Haguenel à l'abbaye de Saint-Taurin.

Le 9 avril 1250
Pour la modique somme de dix sous tournois, Roger Le Férou vend à l'abbaye de Saint-Taurin une pièce de terre qui touche au chemin royal d'Elbeuf (Wellebuoth) à Pont-de-l'Arche (Pons Archae).

1251


En février 1251
Osmond Taquerel et son épouse vendent pour vingt sous parisis une rente d'un demi-muid de vin à l'abbaye de Saint-Taurin sur la vigne du clos d'Asceline, située sur la paroisse de Saint-Marcel-de-Longueville (Sancti Marcelli de Longa villa).

Le même mois
Les moines de l'abbaye de Saint-Taurin agrandissent le pré éponyme en faisant l'acquisition de quatre pièces de terre.
Photo

Portail sud de l'église Saint-Taurin où l'on distingue les dégradations sous la Révolution
© Philippe / patrimoine-histoire.fr
Avec l'aimable autorisation de Philippe


En mars 1251
Raoul du Planchey donne une grande maison en pierres à l'abbaye de Saint-Taurin.

En octobre 1251
Richard de Ulmis vend à l'abbaye de Saint-Taurin une rente de douze deniers tournois qu'il possède sur une terre à La Haie-le-Comte.

Le 4 novembre 1251
Guillaume des Cheminées fait savoir qu'il a vendu à l'abbaye de Saint-Taurin, pour sept livres tournois, une rente foncière annuelle de vingt sous tournois sur Parville.

1252


En 1252
L’abbé Gislebert de Saint-Martin fait entourer de murs l'enclos de l'abbaye de Saint-Taurin.

La même année
Il est fait mention de la rue du Homme, qui deviendra la rue aux Bouchers puis l'actuelle rue Isambart.

En janvier 1252
Refusant de s'acquitter de diverses corvées et redevances envers les moines de l'abbaye de Saint-Taurin, Jean Crocon, habitant du Buisson-Macacre, promet en échange de payer le droit du champart, soit six sous tournois, trois boisseaux de blé, ainsi qu'une mine d'avoine de rente.

En avril 1252
Veuve du bourgeois ébroïcien Barthélémy Alutarius, Agnès vend à l'abbaye de Saint-Taurin des terres situées à La Sôgne (la Ceogne).

En juillet 1252
Mathieu Le Meunier et son épouse Albereda vendent à l'abbaye de Saint-Taurin deux rentes de dix sous parisis sur la vigne d'Accline.

En août 1252
Pour la modique somme de cent sous tournois, Richard Rose et son épouse Eligia vendent à l'abbaye de Saint-Taurin une bande de terre large de seize pieds, située le long du fossé du jardin monacal.

En octobre 1252
Le chevalier Roger de Mareux donne à l'abbaye de Saint-Taurin une pièce de terre située sur son fief.

1253


En 1253
L’abbé Gislebert de Saint-Martin commande, pour l'abbaye de Saint-Taurin, une série de vitraux désormais disparus.

La même année
Gautier de Varinfroy (Galterus de Valle Reinfridi) est nommé architecte de la reconstruction de la cathédrale Notre-Dame d'Évreux et assure principalement la maîtrise d'ouvrage du chevet et du choeur.
Photo

Gargouille du côté nord de la cathédrale Notre-Dame d'Évreux
© Urban / Wikimedia Commons
Domaine public


La même année
Ecuyer et seigneur d'Arches, Barthélémy du Plessis vend à l'abbaye de Saint-Taurin les droits qu'il possédaient sur des terres à La Sôgne (la Ceogne).

En octobre 1253
Lié contractuellement au chapitre de la cathédrale de Meaux, l'architecte Gautier de Varinfroy (Galterus de Valle Reinfridi) s'engage à ne pas s'absenter plus de deux mois du chantier meldois, temps qu'il met à profit pour assurer la maîtrise d'ouvrage du chevet et du choeur de la cathédrale Notre-Dame d'Évreux.

1254


En décembre 1254
Mathieu de Champellis vend le reste de la vigne Haguenel à l'abbaye de Saint-Taurin, à qui il en avait déjà vendu une partie en 1250.

1255


Le 23 juin 1255
L'archevêque franciscain Eudes Rigaud se rend pour un séjour d'inspection de plusieurs jours à l'abbaye de Saint-Taurin qui compte alors vingt-huit moines bénédictins.

Le 4 juillet 1255
L'archevêque franciscain Eudes Rigaud quitte l'abbaye de Saint-Taurin où il était arrivé le 23 juin précédent.

Le 25 décembre 1255
Mort de Gislebert de Saint-Martin, abbé de Saint-Taurin d'Évreux.

Vers le même jour
Jean II de La Cour d'Aubergenville, évêque d'Évreux, dépose dans des châsses d'argent les reliques de saint Taurin et de saint Laud, évangélisateur et évêque historique de la cité.
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La châsse de Taurin d'Évreux réalisée par un orfèvre parisien sous l'initiative de Gislebert de Saint-Martin
© Miguel Hermoso Cuesta / CC BY-SA 4.0
Voir mentions légales


Fin décembre 1255
Thomas est nommé abbé de Saint-Taurin d'Évreux et succède à feu Gislebert de Saint-Martin.

1256


En janvier 1256
Mathieu Le Meunier et son épouse Albereda vendent, à l'abbaye de Saint-Taurin, un demi-muid de vin blanc de rente sur la vigne d'Accline.

Le 12 février 1256
Le roi de France Louis IX signe une charte pour le chapitre de l'église cathédrale d’Évreux.
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Feuillet en parchemin du premier cartulaire du chapitre de l'église cathédrale d'Évreux, rédigé au XIIe et au XIVe siècle
© Archives départementales de l'Eure, G122
Domaine public


Le 7 avril 1256
Le bourgeois ébroïcien Roger du Puits fait don ou vend à l'abbaye de Saint-Taurin d'Évreux des biens fonciers situés dans la paroisse de Saint-Aquilin.

En juin 1256
Matilde de Beauvoir et son fils Jacques donnent ou vendent à l'abbaye de Saint-Taurin des terres ou des droits situés à La Sôgne (la Ceogne).

Le 1er juin 1256
Mort de Jean II de La Cour d'Aubergenville, doyen de Saint-Martin de Tours, garde des sceaux de France, conseiller au parlement de Paris et évêque d'Évreux depuis 1244. Il est ensuite inhumé dans la croisée de la nef de la cathédrale Notre-Dame d'Évreux.
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Reproduction du tombeau de Jean II de La Cour d'Aubergenville, dans "Recueil de pièces, la plupart en copies ou en extraits, avec des dessins de sceaux et de tombeaux, pour servir à l'histoire des archevêques et des évêques de France", par Roger de Gaignières, 1650-1700
© BNF-Gallica, Département des Manuscrits, Latin 17034
Domaine public


Après le 1er juin 1256
Ayant la faculté de nommer leur évêque, les chanoines d'Évreux élisent à la fois Raoul de Grosparmy, chanoine de Bayeux, et Raoul d'Aubusson, chanoine d'Évreux. Cette situation inédite ne satisfaisant ni le roi ni le Souverain pontife, le siège épiscopal est finalement laissé vacant pour trois environ années.

Le 6 juin 1256
Après la double nomination inconfortable de deux chanoines à la tête de l'évêché d'Évreux par le chapitre, les membres de ce dernier sollicitent le roi pour trancher.

Le 17 juin 1256
Choisi par le pape Alexandre IV, Raoul de Grosparmy est nommé évêque d'Évreux et succède à Jean II de La Cour d'Aubergenville. Il n'entrera en fonction que trois années après, laissant l'administration diocésaine au chanoine Jean de Meulan et au trésorier Roger du Val.

En septembre 1256
Raoul du Planchey fait don d'une grande maison en pierres à l'abbaye de Saint-Taurin. En outre, il renonce gracieusement, en faveur de la même abbaye, à tous les droits que détenait sa belle-mère Técie sur le douaire.

Le même mois
Guillaume de Bosco accorde aux moines de Saint-Taurin une rente de dix sous pour le luminaire de l'abbaye.

En octobre 1256
Le prêtre Roger Boisset vend ou donne à l'abbaye de Saint-Taurin des terres ou des droits situés à La Sôgne (la Ceogne).

En décembre 1256
l'écuyer Jean Havart vend à l'abbaye de Saint-Taurin une rente de vingt sous parisis ainqi qu'une mesure d'avoine qu'il percevait de Simon de Hauville sur la vigne de Sicile.

Le même mois
Le bourgeois Durand du Puits vend à l'abbaye de Saint-Taurin une rente de six deniers tournois qu'il possédait sur une maison de la paroisse de Notre-Dame-de-la-Ronde, au coeur de la ville.

1257


En janvier 1257
Le chevalier Michel de Hougierville en Caux et son épouse Théophanie donnent ou vendent à l'abbaye de Saint-Taurin des terres ou des droits qu'ils possédaient à La Sôgne (la Ceogne).

En février 1257
Guillot Morelle et son épouse Isabelle donnent ou vendent à l'abbaye de Saint-Taurin d'Évreux des biens fonciers situés dans la paroisse de Saint-Aquilin, au sud de la ville.

En mars 1257
Durand Rosse, de la paroisse de Bérengeville-la-Rivière, vend à l'office d'aumônerie de l'abbaye de Saint-Taurin une rente de douze deniers payables annuellement sur deux terres. Il renonce également à une rente de deux sous et six deniers sur une masure.

En juillet 1257
Le bourgeois ébroïcien Roger du Puits donne ou vend à l'abbaye de Saint-Taurin d'Évreux des biens fonciers situés dans la paroisse de Saint-Aquilin, au sud de la ville.

Le même mois
Le roi de France Louis IX signe deux chartes à l'adresse des religieux d'Évreux : l'une pour le trésorier de la cathédrale et l'autre pour l’abbaye bénédictine de Saint-Taurin.

En septembre 1257
Le bourgeois ébroïcien Richard Cros cède à l'abbaye de Saint-Taurin une rente dont il avait possession.

En octobre 1257
Un certain Richard et son épouse Haysia vendent, donnent ou prennent des terres à bail à l'abbaye de Saint-Taurin autour du chemin de Pannette, actuelle rue du même nom.
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La rue de Pannette de nos jours
© ND / evreux-histoire.com
Libre de droits avec mention du site

1258


En 1258
Il est fait mention d'une possible rue Hugues le Tuilier, qui deviendra peut-être la rue de la Taillerie puis celle de la Tuilerie.

Le 11 février 1258
Geoffroy Chastris de Luhéré vend à l'abbaye de Saint-Taurin une rente de cinq sous tournois à percevoir sur l'ensemble de son héritage.

Le 2 mai 1258
Trois ans après un premier séjour, l'archevêque franciscain Eudes Rigaud se rend une nouvelle fois à l'abbaye de Saint-Taurin qui compte désormais vingt moines, plusieurs étant décédés depuis l'été 1255.

En octobre 1258
Albereda, dite « la Brasseresse », et l'abbaye de Saint-Taurin s'accordent sur une transaction concernant des terres à bail situées autour du chemin de Pannette.

Le 19 octobre 1258
Chancelier de France, Raoul de Grosparmy est sacré évêque d'Évreux en l'abbaye de Saint-Taurin.
Document

Blason de Raoul de Grosparmy, évêque d'Évreux, cardinal et légat apostolique, dans "Histoire des évêques d'Évreux, avec des notes et des armoiries" par Alphonse Chassant
© BNF-Gallica, Lk3-217
Domaine public


En décembre 1258
Tout comme Albereda, dite « la Brasseresse », Simon Le Tourneur et son épouse Matilde s'accordent avec l'abbaye bénédictine de Saint-Taurin sur une transaction concernant des terres à bail situées autour du chemin de Pannette.

1259


En février 1259
L'écuyer Guillaume Louvet accorde aux chanoines d’Évreux une rente de cinq cents sous tournois sur son moulin de Fontibus la Loveit (?). Cet accord lui permet de s'acquitter de la dette dont feu son frère Arnoult était redevable auprès du chapitre.

Le 19 octobre 1259
Le roi de France Louis IX visite une seconde fois la cité et se rend à l’abbaye de Saint-Taurin pour le sacre de Raoul de Grosparmy, chanoine de Bayeux, trésorier de Saint-Frambourg de Senlis, gardien de Saint-Fursy de Péronne, doyen de Saint-Martin de Tours, garde des sceaux de France et désormais évêque d'Évreux.
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Raoul de Grosparmy, chancelier de Louis IX, évêque d'Évreux (1259-1263), cardinal et légat apostolique
© Wikimedia Commons
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Le 4 décembre 1259
La ratification du traité de Paris, signé l'année précédente entre les souverains français et anglais, met fin illusoirement au conflit entre les Capétiens et les Plantagenêt et la couronne d'Angleterre renonce définitivement à ses prétentions sur la Normandie. La ville d'Évreux retournera en effet aux Anglais de 1418 à 1448.

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