L'Histoire d'Évreux

1870

L'Histoire d'Evreux depuis la retraite ébroïcienne du préfet impérial Alfred de Jancigny jusqu'au décompte annuel des pensionnaires de l'asile départemental d'aliénés de Navarre.

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Les événements fondateurs, les petites et grandes péripéties de la ville, les personnages marquants, les anecdotes diverses, les informations les plus variées...

1870


En 1870
L'ancien préfet du Second Empire Alfred de Jancigny se retire à Evreux.

La même année
Malgré une conjoncture plutôt défavorable pour le textile ébroïcien, Paul Gareau prend la direction de la fabrique de galoches de la rue Saint-Sauveur, fondée par M. Damour en l'an 1854.

La même année
Vice-amiral et membre du conseil général de l'Eure, Camille Clément de La Roncière-Le Noury est élu une second fois président de la Société libre d'agriculture, sciences, arts et belles-lettres de l'Eure et succède à Arthur Tourangin.
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La même année
La production du feuillard d'acier laminé à froid cesse aux usines de Navarre.

Le 3 février 1870
A son décès, Pierre-Michel Aumont lègue par testament olographe une somme permettant notamment l'achat de vêtements aux écoliers de Navarre.

Le 19 février 1870
Maire d'Evreux, président honoraire du tribunal civil et membre du conseil général de l'Eure, Nicolas-François Huet est nommé officier de l’ordre impérial de la Légion d’honneur.

Le 8 mars 1870
Entré à l’asile départemental d’aliénés d’Evreux pour une paralysie générale de premier degré, le pensionnaire H[...] perd connaissance puis meurt dans son lit avant que les infirmiers, alertés par un râle intense, puissent intervenir. Pratiquée par le docteur Védie, directeur de l’établissement, l’autopsie révèle la présence de plusieurs fragments d’ascaris lumbricoides dans le poumon et une vingtaine d’autres dans les intestins, certains atteignant près de quinze centimètres.

Le 16 mars 1870
Président du tribunal civil d'Evreux et membre de plusieurs conseils d'administration, Louis-Antoine d'Imbleval est fait officier d'académie de l'Instruction publique.

Le 25 mars 1870
Nouvel arrêté municipal pour le numérotage des maisons de la ville.

Le 11 avril 1870
Le préfet de l’Eure Arthur Tourangin annonce aux intéressés que la commission d’enquête rejette pour le moment la demande faite par la ville d’Evreux d’établir une gare ferroviaire à Navarre mais qu’elle n’est pas défavorable à l’établissement d’un petit embranchement industriel au profit des usines de Navarre.

Le 13 avril 1870
La concession de la ligne ferroviaire Chemin de fer d'Evreux à Elbeuf par Louviers, possédée par Claude Girard, entrepreneur parisien de travaux publics, est reprise par la Compagnie du chemin de fer d'Orléans à Châlons-sur-Marne.

Le 14 avril 1870
Le conseil municipal décide de donner une largeur de dix mètres à la future rue du Président-Huet, laquelle longera la cour d'assises et reliera la rue Joséphine au boulevard Saint-Jean, actuelle rue Victor-Hugo.

Le 20 avril 1870
Mort au large de Montevideo en Uruguay sur Le Bruix qu'il commandait d'Adolphe Marie Rouault de Coligny, officier de Marine, aide de camp du vice-amiral et préfet maritime de Cherbourg, chevalier de la Légion d'honneur et dont le mariage s'est tenu à Evreux deux ans auparavant.

Le 30 avril 1870
La direction dément toute grève des fondeurs aux usines de Navarre.

En mai 1870
Mort à Evreux de Henri Jean-François de Tournemire, capitaine au 27e régiment de ligne à Cadix en Espagne, aide de camp du duc de Feltre, et professeur de latin et de rhétorique.

Début mai 1870
La compagnie de chemin de fer d'Orléans à Rouen intente une action en justice contre la petite compagnie de la ligne d'Acquigny à Evreux, pour usurpation de titre.

Le 2 mai 1870
Mort à Evreux de Jean-Sébastien Adolphe Devoucoux, archéologue, historien et évêque d'Evreux.

Le 8 mai 1870
Parmi les 32.014 votants de l'arrondissement d'Evreux, 22.296 se déclarent pour et 9.172 contre lors du pébliscite sur la nouvelle constitution impériale.

Le 11 mai 1870
Obsèques devant un important auditoire en la cathédrale Notre-Dame d’Evreux de Jean-Sébastien Adolphe Devoucoux, évêque du diocèse.

Le 14 mai 1870
Le quotidien Le Temps dit de l'imprimeur ébroïcien Hérissey qu'il est un :
habile typographe normand qui pourrait rivaliser avec Perrin, de Lyon, et qui ne redoute, pas plus que lui, la comparaison avec les plus habiles producteurs de la typographie parisienne.

Le 16 mai 1870
La préfecture de l'Eure autorise l'ouverture de la future rue du Président-Huet, laquelle longera la cour d'assises et reliera la rue Joséphine au boulevard Saint-Jean, actuelle rue Victor-Hugo.

Le 17 mai 1870
Curé de Saint-Pierre à Saumur, François Grolleau est nommé évêque d'Evreux par décret impérial.

Le 25 mai 1870
L’Association normande et la Société libre d'agriculture, sciences, arts et belles-lettres de l'Eure tiennent une séance collective dans l’amphithéâtre du jardin des plantes d’Evreux à l’occasion du concours agricole régionale.
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En juin 1870
La sécheresse semble s'installer à Evreux et l'approvisionnement en eau de l'Eure coûte 75 centimes l'hectolitre bien que saturée de calcaire.

Le 27 juin 1870
Le conseil municipal vote l'acquisition d'une maison privée afin d'élargir la rue des Rosiers, laquelle va de la rue du Lycée au-dessus du jardin botanique jusqu'à la ruelle aux Loups, sur le chemin de Danville.

En juillet 1870
Constatant des irrégularités dans le recensement des entrées au dernier concours régional agricole de la ville, le conseil municipal d’Evreux entend demander des comptes au sulfureux et bonapartiste Eugène Janvier de La Motte, préfet mis en indisponibilité depuis avril 1868, et sur le point d’être mis en examen.

Le 26 juillet 1870
Depuis la ville de Paris qui est sur le point d'être assiégée par les armées prussiennes, l'amiral de La Roncière-Le Noury transmet une communication télégraphique au chef de gare d'Evreux.

Le 30 juillet 1870
Substitut du procureur impérial à Evreux, M. Gauttier de La Ferrière est nommé au même poste à Rouen, tandis qu'il est remplacé par M. Petit.

Le 13 août 1870
Futur maire d'Evreux, Séraphin Cauët est élu conseiller municipal.

Le 2 septembre 1870
Les autorités font arrêter tous les Allemands domiciliés à Paris et envisagent de les faire conduire par voiture cellulaire à la prison d'Evreux, celle de la Roquette étant désormais bondée.

Le 4 septembre 1870
Dans la soirée, les Allemands domiciliés à Paris sont placés dans douze voitures cellulaires qui quittent la capitale pour rejoindre la prison d'Evreux.

Le 6 septembre 1870
Déjà préfet en 1849, Alexandre-Denis Fléau succède à Arthur Tourangin à la préfecture de l'Eure.

Vers le 18 septembre 1870
Alors que les armées prussiennes sont sur le point d'encercler la capitale et d'établir un siège de quatre mois, trente Ebroïciens des fonderies de Navarre se portent volontaires et rejoignent le génie de la défense de Paris : l'ingénieur Constant Lepainteur, les contremaîtres Vallée et Legrain, ainsi que les ouvriers Victor Auber, Victor Breton, Théodule Gomber, Jean Jouarisse, François Ulpat, Lucien Farin, Augustin Petit, Auguste Houdoux, Legrain fils, M. Théry, M. Anfray, Anatole Legendre, Auguste Miau, Jules Largesse, Léon Grouard, Vital Chéron, Désiré Lecoq, Paul Soyé, Eugène Enos, Frédéric Auber, Emile Leboeuf, Aristide Chauvet, Edouard Stoquiaux, M. Guérin, Charles Leroy, Jean Debonnier, Jeune Lecouvreur, Eugène Dépée, Germain Marchand, et Lemoine l'aîné.
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Le 18 septembre 1870
La chute de Napoléon III et l'avènement de la troisième République permet à la place Bonaparte de retrouver le nom de place Dupont-de-l'Eure.

Le 20 septembre 1870
Parmi les six hommes exfiltrés avec des dépêches de Paris assiégé, seul le facteur Létoile passe au travers des lignes prussiennes et atteint Evreux, non sans avoir échappé aux Prussiens à Maisons-Laffite en sautant dans un ruisseau.

Le 22 septembre 1870
L’ancien et sulfureux préfet Eugène Janvier de La Motte ne donnant suite aux différentes requêtes du conseil municipal d’Evreux, le maire est contraint d’adresser au ministre de la Justice et au parquet une plainte pour faux et pour détournement d'argent public.

Le 23 septembre 1870
Le Neptune, ballon parti de Montmartre avec près de 40.000 lettres et piloté par Jules Duruof, atterrit près d'Evreux sans dommage.
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En octobre 1870
Seulement protégée par 30.000 hommes qui sont en majorité des gardes nationaux mobiles et à faible équipement, la ligne entre Chartres et Evreux fait face à de régulières incursions allemandes issues de quatre lignes convergentes, prêtes à atteindre Le Mans.

Le 2 octobre 1870
Avec à son bord le téméraire Gaston Tissandier, un ballon-poste quitte l’usine à gaz de Vaugirard à Paris avec une centaine de kilos de lettres et s’envole en direction d’Evreux en passant au-dessus d'un camp prussien.

Le 3 octobre 1870
Un arrêté du maire Jean-Louis Lepouzé porte règlement sur l’organisation du service communal de la garde nationale.

Le 11 octobre 1870
Depuis Paris où il commande la division des marins détachés à la défense de la ville face au siège des armées allemandes, l'amiral de La Roncière-Le Noury écrit à sa fille restée à Evreux :
Je ne sache pas que les Prussiens soient encore allés jusqu'à Evreux. Je ne sais ce que durera le siège.

Le 18 octobre 1870
Après une traversée difficile des lignes allemandes et la chute de son ballon en Belgique, le matelot et aéronaute Henri Labadie parvient enfin à Evreux où il peut distribuer de très nombreux courriers.

Le 4 novembre 1870
Chargé de prévenir l'entrée dans Evreux par La Madeleine, un bataillon commandé par Pierre Hippolyte Bidabé combat de nuit à Guichainville et fait 26 morts parmi les Prussiens.

Le 5 novembre 1870
Le conseil municipal décide le nivellement partiel de la rue de la Petite-Cité pour la raccorder avec la place Notre-Dame.

Le 10 novembre 1870
Chef d'escadron à la retraite, M. Letellier confirme son testament du 1er septembre 1862 par lequel il lègue tous ses biens à la ville d'Evreux.

19 novembre 1870
Les troupes allemandes se postent sur les collines autour d’Evreux, notamment à La Madeleine, et tirent 20 coups de canon sur la ville avant de s’éloigner.

Le 21 novembre 1870
Des cavaliers allemands apparaissent à la mairie et préviennent de l’arrivée pour le lendemain d’un corps d’occupation.

Le 22 novembre 1870
Un détachement de 500 à 600 Allemands entre en ville et plusieurs coups de feu sont tirés sur les fenêtres des maisons. Le quartier général de commandement s'installe à l'hôtel du Grand-Cerf.

Le 27 novembre 1870
Depuis Evreux où elle réside, chez Mme Lhôpital, la fille de l'amiral de La Roncière-Le Noury envoie un télégramme à son père, resté au commandement de la division des marins détachés à la défense de la ville de Paris face au siège des armées prussiennes.

Le 28 novembre 1870
Avertie par une de ses lectrices, la rédaction du quotidien Le Gaulois annonce à ses autres lecteurs que la communication entre les villes d’Evreux et du Mans sont maintenues.

Le 30 novembre 1870
Jusqu'à ce jour, c'est M. Cheviron qui donne des nouvelles à l'amiral de La Roncière-Le Noury, commandant la division des marins détachés à la défense de la ville de Paris face au siège des armées prussiennes, de sa fille restée à Evreux chez Mme Lhôpital.

En décembre 1870
Les Ebroïciens et la presse locale se moquant des moeurs prussiennes et du préfet impérial Von Porembski, plusieurs arrestations ont lieu et des menaces sont régulièrement lancées à l'endroit de la population.

Le 8 décembre 1870
La ville d’Evreux est occupée par environ mille hommes de la Landwehr et 550 cavaliers.

Le 9 décembre 1870
Ce sont désormais 6.000 allemands des troupes d’infanterie, cavalerie et artillerie qui occupent la ville d’Evreux.

Le 14 décembre 1870
Jusqu'à ce jour, c'est M. Fourichon qui donne des nouvelles à l'amiral de La Roncière-Le Noury, commandant la division des marins détachés à la défense de la ville de Paris face au siège des armées prussiennes, de sa fille restée à Evreux chez Mme Lhôpital.

Le 31 décembre 1870
Depuis le premier jour de l'année, ce sont 69 personnes qui ont été jugées par la cour d'assises de l'Eure siégeant à Evreux.

Le même jour
A ce jour, « L'asile d'aliénés » de Navarre compte 432 pensionnaires dont 187 hommes et 245 femmes.

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